
@Denis Thibault
Petit matin tranquille sur la terrasse.
Café, cigarette, soleil oblique qui lèche les perspectives et rehausse les couleurs, sèche les pétales ployés de rosée.
Depuis mon banc, j’observe, révélée par cette lumière particulière, une tangente translucide qui s’élève dans l’air, presque à l’horizontale. Arc-boutée entre ce banc et le fauteuil, un bon mètre et demi sépare les deux points d’ancrage reliés par ce fil d’araignée.
Un minuscule fil d’araignée! agité par la brise, résiste, seul, aux lois de Newton. C’est extraordinaire. Comment les araignées font-elles pour franchir ainsi de telles distances? En tout cas, j’admire leur ingéniosité.
Parfois, je me sens comme ça, écartelé entre deux points, mis en demeure de m’élancer, d’un point à un autre, avec en-dessous un vide sidéral.
Sidéral, parce que c’est de nuit que ça se passe. Comme les araignées, en somme, qui font surgir au matin des sculptures défiant le sens commun.
Témoin de la gravité de la vie.
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Photos: @Denis Thibault et courtoisie de Filemagazine.com


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