Posted by: Pommes d'Adam | avril 21, 2008

Chant de mines

«Ce matin, dans la cour, j’ai remarqué plein de petites dépressions symétriques, grosses comme des cinquante sous, petits entonnoirs s’expurgant vers le centre de la terre, bordés chacun d’une petite lèvre boursoufflée de glaise, figée en son instant par les rayons craquants du printemps.

C’est que la neige a fondu si rapidement que le sol, écrasé tout ce temps de l’hiver, a été surpris les culottes baissées.

Or, le sol n’est pas fou, il a soif. Il sait que les germes attendent leur dû et qu’il lui tarde de nourrir les milles bestioles qu’il a protégé du froid, vaillamment, et qui s’agitent en son sein, comme après un sommeil trop long.

Ainsi va la vie. L’action de grâce n’exploserait pas tant, si les saisons n’étaient pas marquées par le passage du temps sur le sol.»

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Écrit initialement suite au billet “Un jour à la fois” de Josée Blanchette. Comme je trouve qu’il se tient par lui-même, le revoiçi!

* Photo: courtoisie de File Magazine

 

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