Publié par : Pommes d'Adam | octobre 13, 2007

‘Y fait frett, on gèle’

Bernaches canadiennesIl y un champ près d’ici. Le soir il en émane un murmure continu et puissant. Celui des outardes, des bernaches, au juste je ne saurais dire, celui, bref, de ces volatiles familiers qui dessinent des ‘V’ dans le ciel à ce temps çi de l’année.

Elles sont des centaines et leurs cris s’entendent à des kilomètres à la ronde. Elles vont émigrer bientôt. Je me dis: Elles font le plein de nourriture et de la sociabilité nécessaire pour les vols au long cours. Car elles auront besoin chacune les unes des autres afin d’assurer le train aérien et prendre le relais, tout le long de ces journées à battre de l’aile.

Celles qui auront échappé à cette sélection resteront clouées au sol et mourront de froid ou de faim, ou des deux.

En me rendant au travail, j’ai vu un ‘quêteux’ l’autre jour. Il circulait à vélo. De chaque main, il tenait, à même son cintre, deux gros sacs de poubelles vert, pleins à craquer. Il avait fait le plein, de son côté.

Sauf que lui, contrairement aux bernaches, personne ne l’attendrait pour prendre son envol et il aurait sans doute un autre hiver à traverser, seul, au milieu de la cité criarde et marchande. Son cri, nul ne l’entendra lorsqu’il viendra à manquer du nécessaire. Qui lui tiendra la main si la vie venait à le quitter?


Réponses

  1. Le fils de CB, peut-être, s’il a beaucoup de chance.

  2. Oui! il aurait des dispositions.


Répondre

Votre réponse :

Catégories