J’inaugure aujourd’hui d’un billet une série que j’espère longue et farcie, tellement le sujet en est inépuisable. Je veux parler de l’art ménager, enfin de tout ce qui rend la vie agréable pour l’homme d’intérieur. Lequel je suis profondément et dont je soupçonne le karma d’illuminer la tanière de la majorité des ours que nous sommes, nous, les hommes du foyer.
Car sur l’art ménager, tout n’a pas été dit. Ooooooh que non! On connaît l’attachement profond qui lie l’homme à ses outils, à son cabanon, à sa tondeuse 4 temps. Mais que savons-nous du reste? Qu’en savons-nous, pour vrai je veux dire?
Que savons-nous des pensées qui agitent le génie propre de l’homme quand il considère sa tanière, spécialement lorsqu’il s’y projette, en pensée d’abord, en actes ensuite? Avons-nous idée, ne serait-ce qu’un instant, des innovations, des, des, des changements, oui, des changements qui pourraient arriver, si, par bonheur, l’économie domestique contemporaine y consacrait temps et énergie. Et là j’entends des esprits chagrins qui, d’avance, se gaussent et se moquent du génie masculin appliqué aux arts domestiques.
Oui d’accord, au premier niveau, je peux comprendre. L’histoire et la sociologie leur donnent un peu raison; les apparences sont contre nous et toute une presse, remplie de circulaires tendancieuses, sinon de faussetés circonstanciées, fait ses choux gras de ces stéréotypes malicieux. Mais, tendons l’oreille, ouvrons nos coeurs, essayons pour voir!
Mettons un esprit ouvert. Il n’y a aucune raison de douter de l’efficacité redoutable de l’homme d’intérieur quand il s’attache à son foyer. N’est-ce pas, il peut vous virer une cuisine à l’envers, quelque chose de rare, pour peu que son génie inventif soit laissé sans surveillance, l’instant d’une fin de semaine de congrès par exemple. Oh! instants bénis que ceux-là où l’homme d’intérieur donne libre cours aux besoins d’attachements, à ses pulsions profondes. L’organisation du réel est le fort de l’homme, ne l’oublions pas; 2000 ans de philosophie domestique nous l’enseignent déjà. Donc, gare à vous, objets inanimés, le salut approche, la vérité va s’abattre, votre vie va changer.
Illustrons cette assertion d’un trait de génie, aussi futile que dérisoire. Disons, le stainless. L’acier inoxydable, si vous préférez. Disons un lavabo en stainless; y’a pas plus lavabo que ça. Disons un lavabo de stainless soumis aux alea de la vie quotidienne, des années durant, récuré à la va comme je te pousse, soumis aux pires sévices. Voyez le topo. Question élémentaire, domestique à l’os: Comment le ramener? brillant comme un sou neuf?
Et bien c’est là que l’hommerie intervient dans toute son incongruité, que le sauvage fait irruption, dans le propre comme dans le convenu. Donc, je vous le donne en mille: On «ramène» un lavabo en utilisant de la cire automobile, surtout celle conçue pour les chromes rutilants. De la cire d’auto??? Eh oui, exactement. L’homme cirera son lavabo, selon les règles de l’art. Ai-je besoin de décrire les étapes? à la ménagère ahurie, peut-être, qui me lit et qui se demande de quoi il s’agit?
Riez, riez! c’est correct. Lorsque la vie reprendra ses droits, que la cuisine redeviendra un lieu d’expérimentations inédites et que le pauvre lavabo servira de déversoir à toutes les calamités de la vie, vous verrez bien. Vous constaterez qu’il sera beaucoup plus facile de le nettoyer si vous appliquez ce truc, une fois par année. Alors c’est ça le point: on ne cire pas un lavabo pour le faire briller de tous ses feux, mais pour en faciliter l’entretien quotidien. Le quotidien, voilà le point sur lequel l’homme d’intérieur jettera son dévolu.
Faut-il laisser cet homme plus longtemps dans une cuisine? Moi je dis que oui!

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Merci Mèreplexe de votre mot.
C’est pas sexiste! c’est historique!
Je pense qu’il y a moyen “d’investir” les lieux connotés historiquement, sans pour autant leur attribuer une qualité, masculine ou féminine. Bien que… je comprenne qu’on puisse penser exactement le contraire. Disons que je m’amuse à penser le contraire, à revisiter les évidences.
Justement, la situation miroir serait ici la ménagère qui s’en va investir l’atelier, disons, graisser l’étau de mécanicien avec de l’huile d’olive!!! Un homme n’aurait pas pensé à ça spontanément; sous-entendu par là que les hommes ne font pas la cuisine! Hé hé, c’est ça le point!
Par Denis Thibault le mai 30, 2007
à 12:19
C’est vrai que ça prennait un homme pour penser à ça, et je ne dis pas ça par sexisme, mais bien parce que ça prennait un homme pour avoir un regard assez différent du lavabo pour que la cire d’auto puisse apparaître dans l’équation!
Et si madame allait faire un tour dans les outils, je suis convaincue qu’elle pourrait elle aussi apporter beaucoup par son regard neuf!
Et à la relecture de mon post, je ne peux que me trouver complètement entâchée dans les stéréotypes, et suis tentée de demander si il y a une cire pour contrer ça?
Par Mèreplexe le mai 30, 2007
à 12:37