Publié par : Pommes d'Adam | mai 16, 2007

Mon Kyoto à moi

J’ai horreur de me citer en exemple. Mais puisqu’il le faut… allons-y donc.

Voilà. C’est à-propos de la consommation d’essence. En marge des discussions entourant le protocole de Kyoto et de toutes ces discussions, un peu assomantes je dois dire, sur la nécessité de “faire” quelque chose pour la planète–alors que j’ai de la misère à déblayer mon entrée– je me suis dit, Denis! pourrais-tu faire quelque chose, toi, espèce de sale capitaliste? Ben…

C’est ainsi que, dans le plaisir le plus total, au su et au vu de tous, je me suis amusé tout l’hiver à essayer de faire le plus de kilomètres possible avec un plein d’essence. Plaisir obséquieux s’il en est! Tout en roulant essentiellement en ville, le saint homme. Mon trajet habituel de 14 km compte 8 km d’autoroute, et le reste est en chemins de vache; faut dire qu’ici, c’est une route à obstacles. Enfin.

Résultat? Imaginez-vous donc que pas une fois je n’ai fait moins de 600 km. Si, 600km. Une fois je suis monté à 640 km. J’étais à sec, évidemment, car la petite voiture a dû ingurgiter ensuite 43.4 litres, brave petite bête. Non mais, faut le faire non?

Vous allez me dire: Il est fou ce mec! il ne dépasse jamais 50 ou quoi! cet enffouaré. C’est quoi le truc? Vous allez voir, pour y arriver, c’est très amusant. Cela exige:

  • Les changements de vitesse en mode manuel à 2000 – 2500 tours/min.

  • Adopter une vitesse de croisière de 90-95km/h sur l’autoroute et 50 en ville. Sur ce dernier point, est-ce que je peux vous dire que rouler à 50, dans une zone de 50, équivaut pratiquement à de l’objection de conscience ou à une déclaration de guerre imminente. Faut être fait fort!

  • Ah oui, la pression des pneus. Vous m’en direz tant! c’est le facteur qui influence “tout de suite”la consommation. Autre détail obséquieux. Que voulez-vous? Paris vaut bien une messe, faut c’qui faut. Entouka, quelque chose comme ça!

  • Well, ensuite, les accélarations, là… ça se complique, car c’est plus difficile, surtout en Civic hatchback! Dites-vous que la terre va continuer de tourner sans vous, un jour, de toute façon. Relaxer, vous allez arriver au boulot en même temps que tout le monde. Cou-couche, panier. Ne vous inquiétez pas, des fois, mononcle monte encore à 80 en deuxième et il a beaucouuuup de plaisir.

  • Autre principe de conduite qui découle de la physique newtonnienne: l’accumulation d’énergie. À savoir que le mouvement est une énergie accumulée. Si vous levez le pied, vous allez rouler très longtemps encore. Vous tombez pile si vous concluez que vous pouvez passer au neutre, lorsque le feu rouge s’annonce, là-bas au loin, et vous laissez glisser, pénard. Tout ce temps, le moteur tourne au ralenti et consomme moins. De combien moins? ‘al sais pas! De toute façon, tout est question de vertu rendu là.

On pousse les hauts cris actuellement pour le prix élevé de l’essence. Les pétrolières se font du cash sur le dos des consommateurs, pris en otage par définition. On parle de collusion, et ce n’est pas parce qu’on ne peut pas le prouver que ce n’est pas moins évident. Les salauds! Toutefois, ceci a du bon. Comme quand le besoin crée l’organe. Considérant que la nature prend 200 millions d’années à produire cette ressource non renouvelable, je trouve que le prix demandé ne reflète pas sa valeur réelle. Si c’était le cas, je vous certifie que nous passerions tous en mode économie.

Personnellement, j’aimerais que le prix passe le plus vite possible autour de 3$/l et que la différence soit déposée dans la recherche, les moyens de transports sociaux, alternatifs, etc. Dans le même ordre d’idée, j’aimerais que l’État organise un concours, avec remise de prix et tout le menu gratin, fiscalité à l’avenant tiens, pour le premier constructeur qui mettrait en route un véhicule avec un moteur de .7 litre qui développerait 75 ch. Quelque chose de léger et de très efficace. Je sais, je sais, ce n’est pas très tendance comme idée. Surtout que les ‘ti-gars s’identifient beaucoup à leur tank Tonka.


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