“L’échange humanisé. Tout est là. Dans l’humanisation, il y a un détour, car tout langage est un détour, forcément. Humanisé par les signes, les usages, transporté par les mots, énoncés ceux-là en face de quelqu’un. Quelqu’un. Pas un objet, quelqu’un.
Soit un être humain, reconnu comme tel par l’espace délimité par la culture, les manières et dont la rencontre aboutit à l’échange lui-même.
Rencontre dont la réalisation atteste en retour l’existence d’un espace, d’une distance entre les quelqu’un en question. Ça fait que quand ça parle et que ça circule, le sens, les émotions, etc., ça ne fait pas juste rebondir sur le miroir sans tain du Narcisse en pain d’épice, lequel se passe volontiers de la parole innovatrice et parfois dérangeante de l’autre. Non, ça traverse le miroir aux illusions et ça se rend à destination.
Ça est donné. Oui c’est un don, parce que quand c’est sorti de soi-même, ce n’est plus là (sauf la marque des mots, leur poids relatif), ça circule dans la tête de l’autre, ça touche et ça démarre le moteur qui fait que ça revient. Le dialogue se vérifie dans le retour. Porté différemment toutefois, parce que ça vient d’ailleurs: de l’autre justement. Ça, c’est quand il y a un autre, un vrai, c’est-à-dire, libre de parler.[...]
C’est drôle, je me sens comme le petit prince. Responsable de quelque chose (de beau) que j’ai voulu et qui existe maintenant, pour vrai. Quand tu dis: Je veux et je tiens, ç’est comme un acte fondateur. C’est dire: Voici comment je suis et voici comment je me vois ici. C’est à mon tour de dire: Je veux et je tiens. Alors c’est oui.”
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