“J’ai tout lu. C’était beau. Tu m’as fait rire aussi. Je t’ai vu plongé dans le dictionnaire à la recherche de l’ambiguïté. Je t’ai senti désolé. Je t’ai écouté exagérer (mon amitié et moi-même sommes loin d’être aussi précieux que tu le sous-entends!). Je t’ai lu, enfin, et c’est vrai que tu as eu des lettres magnifiques pour moi. Je n’en connais pas la cause, mais c’est vrai que j’ai eu d’abord et avant tout une image de toi qui versait dans la gaïté, l’intelligence, le sens de l’à-propos et de la répartie. Le premier qualificatif qui m’est venu à l’esprit quand je t’ai connu, c’est “drôle”. C’est peut-être drôle à dire, justement, mais c’est ça. Pas juste drôle, ordinaire là; drôle intelligement, subtilement, perspicacement, drôle à la Yvon Deschamps, et c’est pas un mince compliment parce que je l’adore littéralement.
Tu m’as écrit des messages si drôle que j’avais envie de les partager. Tu as un sens de l’auto-dérision très poussé, de l’ironie juste assez grinçante et une façon d’entremêler les niveaux de langage, de raconter ou de décrire les choses… Tu devrais exploiter davantage ta veine comique, je trouve. Ah! le langage! Tu en a si bien parlé que je n’ai rien à ajouter. Quelle chose fascinante quand même…Parlant de langage, tu as bien décodé mes signaux. Et tu as raison, je fais très attention à ce que mes gestes ou mes paroles ne soient pas ambigus. Merci de m’accorder ce crédit. Quand à mon désir de mettre les choses au clair, je crois qu’il fut suscité par ton expérience avec [...]. J’ai, consciemment et inconsciemment, probablement eu peur que ça se produise avec [moi]. Ce qui m’aurait peinée, car j’aurais perdu un ami. Je pensais à ça, vu qu’on s’écrit de si magnifiques lettres, on devrait en faire un roman épistolaire. Le titre? Celui que tu as donné à ta lettre inachevée et qui est si beau qu’il faudrait y mettre un copyright : Le poids des mots, l’odeur des choses. Un hit, j’te dis.”
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