Mère indignée…
Marcher pour une nation
Le 6 septembre à Gatineau, il y aura une marche des hommes pour les femmes. C’est comme ça que c’est dit: des hommes pour les femmes.
Pour soutenir la recherche contre le cancer du sein. Tous les profits de l’événement y seront versés.
À l’arrivée, il y aura un party dans un aréna rempli de gros noms en spectacle. Beaucoup de femmes probablement.
Les femmes qui attendent, les hommes qui arrivent, harassés après une longue marche, vous ne trouvez pas que ça fait chevaleresque?
J’ai hâte de voir à quelle métaphore va aboutir pareille collision de symboles…
En tout les cas… je ne me rappelle pas avoir vu souvent des hommes descendre dans la rue pour les femmes…
J’ai hâte de voir comment les médias, au rang desquels on trouve des organisateurs, vont traiter cet événement.
L’ado en tant que tel*
Il y a une sorte d’oiseau qui niche au bord des falaises, celles dont le pied est martellé par la mer en furie. Désolé, je ne connais pas les noms d’oiseaux.
Battus par le vent, les nids tiennent bon, accrochés entre ciel et terre. Tout ce temps, les parents effectuent des raids audacieux et plongent en mer pour ramener de quoi nourrir la nichée. Ils y vont à tour de rôle.
Le temps venu les petits sortent du nid et s’initient aux rudiments aériens et aux lois de la survie en haute mer. Le temps compte, car il faut tout apprendre et ce avant que le froid ne les cloue sur place, faute de savoir voler et plonger en torpille comme leurs parents sans se rompre les os.
Quand ce jour arrive, il leur faudra se lancer, en deltaplane du haut de la falaise. Il n’y a pas trente-six façons de faire, il n’y en a qu’une et elle doit réussir du premier coup; en contrebas gisent les restes de ceux qui auront échoué le vol inaugural. De toute façon, les parents se sont épuisés à la tâche et ils n’ont plus l’énergie de plonger pour quatre afin de ramener du poisson.
Or, que fait le parent avisé quand tout a été dit et montré? si le rejeton devenu grand refuse de se lancer et vivre sa vie volatile? Le parent le pousse du bec, woush woush, le sort du nid et le pousse vers la falaise, comme eux, jadis, l’ont été. Vas-y mon grand! t’es capable.

En fait, je trouve qu’il y a beaucoup de ses deux mouvements dans le rapport à l’adolescence, en apparence contradictoires. Savoir que, oui, je vais me rendre au bout de mes capacités pour t’apprendre à voler de tes propres ailes, je vais être là, quand il faut, comme il faut, je ne te lâcherai pas, je ne suis pas parfait, on s’en fout; d’autre part, ne doute jamais de la séparation radicale qui doit arriver, de la mue qui doit s’opérer entre nous et toi. L’ado “doit” savoir que le parent n’hésitera pas un instant à pousser son grand en dehors du nid. Cela appartient aux prérogatives parentales et il y a des arrachements salutaires. Que ceux-ci tardent à venir, ils font tout pour qu’ils adviennent; ils nous “cherchent” et nous trouvent habilement dans nos derniers retranchements. Le garde-fou, le mur que le parent représente symboliquement sont à la psyché de l’ado ce que le bloc de départ est au sprinter: soit un engin de propulsion, pas de rétention.
Même si cette posture n’est pas facile à tenir, je crois beaucoup à la distance qui doit exister entre le parent et l’ado. C’est même leur faire confiance que de faciliter le décollage, la montée en feuille. On pense les protéger, les aider en les entourant. Enfant, oui, ça peut toujours aller, mais pas avec les ados’. On les étouffe plutôt, comme lorsqu’on plante un érable dans une serre. À moins de désirer un ado-bonzaï, ce n’est pas la chose à faire
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*Commentaire, retouché, publié initialement dans Chroniques blondes / Ado Atomic, 26 avril 2008
Photos: courtoisie de File Magazine
Chant de mines
Déguingandée
C’est à-propos de ce commentaire récent, suite à un billet de Josée Blanchette, vous vous rappelez! ce cri du coeur de «Diomsh»:
«Hostie de Tabernak que je t’aime!» (10 avril 2008)
Dans le même ordre d’idée, faisant de l’ordre dans mes papiers, je tombe, en fin de semaine, sur ce poème rap qu’un ami m’avait confié, jadis. J’aurais aimé l’avoir écrit. Ça se lit comme suit.
* * *
Déguingandée
mon étole
ma farouche
mon obole
mon fouet à mouches
ma… douce, douche,
ma secousse
mon goal, mon score…
pis son maudit beau corps (bis)
mon ostensoir
dans ton boudoir
ma farlouche
mon bouche à bouche
ta camisole lousse
ton sein, ciboire!
tes fesses d’ivoire
j’touche-là mon secteur de brousse (bis)
ma farouche
ma colombe
ma farlouche
mon hécatombe
ma fée rousse
ma ‘tite bombe
ma sainte-nitouche
* * *




«Ce matin, dans la cour, j’ai remarqué plein de petites dépressions symétriques, grosses comme des cinquante sous, petits entonnoirs s’expurgant vers le centre de la terre, bordés chacun d’une petite lèvre boursoufflée de glaise, figée en son instant par les rayons craquants du printemps.
C’est que la neige a fondu si rapidement que le sol, écrasé tout ce temps de l’hiver, a été surpris les culottes baissées.
Or, le sol n’est pas fou, il a soif. Il sait que les germes attendent leur dû et qu’il lui tarde de nourrir les milles bestioles qu’il a protégé du froid, vaillamment, et qui s’agitent en son sein, comme après un sommeil trop long.
Ainsi va la vie. L’action de grâce n’exploserait pas tant, si les saisons n’étaient pas marquées par le passage du temps sur le sol.»
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Écrit initialement suite au billet “Un jour à la fois” de Josée Blanchette. Comme je trouve qu’il se tient par lui-même, le revoiçi!
* Photo: courtoisie de File Magazine